16/04/2019
by REGIS YANCOVICI

Attention : le débat OPCVM vs. ETF n’est pas le débat gestion active vs. gestion passive

Oui et non !

Oui parce qu’il s’agit de 2 structures de cotation différentes. La cotation en temps réel de l’ETF et la capacité d’acheter à cours connu l’emporte sans équivoque sur l’OPCVM. Mais le vrai débat porte sur l’opposition entre gestion active et gestion passive qu’il convient de distinguer de l’opposition entre ETF et OPCVM. Pourquoi ?

OPCVM, une gestion parfois peu active

La gestion passive a existé avant les ETF. Le premier fonds indiciel de J. Boogle (fondateur de Vanguard) date des années 1970. Quoique qu’ayant eu peu de succès auprès des particuliers, ils ont connu un certain succès auprès des institutionnels. Ensuite, il existe nombre d’OPCVM dit de gestion active qui sont des pseudo-fonds indiciels. Ils sont appelés des « closet index fund ». Ils sont à juste titre décriés car ils font payer l’investisseur du prix d’une gestion active une gestion passive. Ceci dit, les investisseurs devraient mieux regarder ce qu’ils achètent.

ETF, une gestion pas si passive

Ensuite, bien qu’il soit tentant pour des raisons simplificatrice d’associer les ETF à de la gestion passive, ce n’est pas tout à fait le cas. D’abord parce que les indices ne sont pas statiques. En France, un Comité se réunit 3 à 5 fois par an pour décider des entrées et des sorties du CAC40. Ensuite, les sociétés de gestion d’ETF ont intégré de l’intelligence au sein des indices. Par exemple, dans un indice « Value », se fera automatiquement une sélection des titres les moins chers à la manière d’un gérant « value ». Enfin, les ETF peuvent être travaillés de manière active. Ainsi, il s’agit d’une gestion active de produits passifs. C’est une approche particulièrement en vogue aux Etats-Unis qui peine à exister en Europe.