02/02/2020
by REGIS YANCOVICI

LA FORCE DES ETF

Coronavirus : un nouveau cas d’école

Il parait que l’on ne retient que 10% de ce que l’on écoute et 30% de ce que l’on écoute et voit en même temps.

Nous parlons souvent la liquidité des ETF. Cela peut paraître quel que peu abstrait. Acheter ou vendre à tout moment est selon nous un réel atout. Nous donnons souvent l’exemple du jour de l’élection de D. Trump où l’écart entre l’ouverture et la cloture se monte à près de 5%. Les ETF permettent d’investir sur un prix connu dès le matin, tandis qu’un achat d’OPCVM sera fera sur un cours inconnu à des niveau bien plus élevé.

La situation en Chine nous offre un nouveau cas d’école. Les marchés de Chine continentale sont fermés depuis le 24 janvier et n’ouvriront que lundi 3 février. Ils n’ont donc pas intégré la tempête provoqué par le Coronavirus.

A quel niveau ouvrira la Chine demain ?

Nous voyons donc aujourd’hui 2 février poindre des articles sur le krack annoncé sur le marché chinois. Ceux qui suivent les ETF ont déjà une idée du niveau auquel vont ouvrir les actions chinoises. Les ETF indexés au marché chinois, l’indice CSI300 par exemple, cotés sur d’autres bourses que la Chine sont restés cotés. En effet, même si la valeur de l’indice n’est pas connue, la valeur de l’ETF s’équilibre par l’action des acheteurs et des vendeurs. 

Et donc, il est probable que l’indice CSI 300 ouvre en baisse d’environ 10% demain (sauf en cas d’intervention des autorités).

La liberté des ETF

La chose importante n’est pas de jouer aux devinettes sur les niveaux du CSI300 demain. Mais que les investisseurs ont pu acheter ou vendre une exposition à l’indice chinois entre le 24 janvier et le 3 février, alors que la bourse chinoise était fermée.

Sur un OPCVM, cela n’est pas possible. La société n’est pas en mesure d’évaluer la valeur de part de son OPCVM puisque les titres sous-jacents ne sont pas cotés. Seule la cotation sur un marché secondaire permet de connaitre la valeur et donc de procéder à des transactions. Donc le porteur de parts d’OPCVM se retrouve dans l’incapacité de vendre.

La graphique ci-dessous montre bien que, alors que l’indice CSI300 n’était plus connu, l’ETF CSI300 est resté coté (i.e les investisseurs ont pu acheter et vendre à leur guise) tandis que l’OPCVM investi sur les valeurs chinoises (actions A) n’a plus de valeurs liquidatives, donc impossible d’acheter ou, surtout, de vendre.

Au-delà des considérations entre la gestion passive et la gestion active, l’ETF montre toute sa force vis-à-vis des OPCVM. Ceux-ci apparaissent comme une structure de cotation obsolète vis-à-vis des ETF.

Indice CSI 300 - OPCVM chinois actions A - ETF sur CSI 300