27/10/2020
by REGIS YANCOVICI

La finance comportementale nous apprend que l’on a tendance à accorder bien moins d’importance aux arguments qui divergent avec notre opinion. Les investisseurs auraient tendance à se concentrer sur les informations qui confirment leur pensée initiale. Il s’agit du biais de confirmation. Nous avons décidé cette fois d’apporter la contradiction aux arguments actuels des investisseurs haussiers :

  • La marée bleue : Biden va emporter la présidentielle et les Démocrates vont remporter le Sénat

Nous estimons donc l’hypothèse Biden probable. Faut-il vraiment s’en réjouir ? D’un point de vue boursier, nous ne le croyons pas. C’est rapidement oublier que Biden promet des hausses d’impôt. De 21% à 28% sur les entreprises et de 37% à 39.6% sur les particuliers. Par ailleurs, la Fed est explicitement inquiète du levier au sein des marchés d’actions et de taux d’intérêt et se dit prête à travailler avec l’administration Démocrate pour réduire la marge de manœuvre des hedge fund. D’un autre côté, nous ne percevons pas la réélection de Trump comme une nouvelle pouvant rassurer. 

  • Le vaccin arrive

La perspective d’un vaccin rassure les investisseurs. Soit. Mais il convient de garder la tête froide, pas seulement pour éviter la fièvre provoquée par le Covid. Ce n’est pas le virus qui a mis KO les marchés en mars dernier mais la peur du virus. Fine mais importante nuance. Cette peur va-t-elle disparaitre avec un vaccin ? Probablement pas. Près d’un tiers des français indiquent de pas vouloir se faire vacciner. Ce phénomène de défiance se retrouve dans de nombreux pays développés.

Les besoins de digitalisation sont tels que les valeurs technologiques ne peuvent que monter
C’est une vision bien optimiste. On ne gagne jamais durablement en bourse avec des évidences. Avec une administration Biden, la poignée de sociétés qui opèrent dans une situation de quasi-monople ont désormais une épée de Damoclès. Quant aux autres valeurs technologiques, les investisseurs semble avoir oublié qu’elles évoluaient dans un environnement ultra concurrentiel.

  • Les taux d’intérêt vont rester bas et justifient des valorisations élevées

C’est à nos yeux l’hypothèse la plus ancrée dans l’esprit des investisseurs de tous poils et donc la plus dangereuse. Activisme des Banques Centrale ne garantit en rien des valorisations élevées. Nous doutons que les investisseurs soient durablement prêts à payer les valorisations actuelles s’ils prennent conscience que l’afflux de liquidité pèse sur les marges des entreprises.

Selon nous, la fenêtre de reprise débutée fin mars a commencé à se refermer au mois d’aout (Lire sur Luxavie). Cette fermeture s’accélère maintenant. Il est encore temps de se protéger.

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