Cet article reprend les informations du webinaire du 06 mars 2026 sur la thématique “Guerre au Moyen Orient : que faire et ne pas faire en bourse”
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ravivent régulièrement les inquiétudes des investisseurs. Chaque crise entraîne la même question : faut-il agir rapidement sur son portefeuille, ou au contraire rester discipliné et éviter les réactions émotionnelles ?
Dans un webinaire consacré à ce sujet, Régis Yancovici, fondateur de Luxavie, propose une analyse nuancée de la situation. Son message central est clair : malgré les tensions, les marchés boursiers restent globalement solides, et les décisions d’investissement doivent s’appuyer sur les faits plutôt que sur l’émotion.
Guerre au Moyen-Orient : un conflit potentiellement long, mais aux effets économiques limités
L’un des enjeux majeurs du conflit tient à ses objectifs politiques. Si la stratégie consiste à affaiblir durablement le régime iranien, la confrontation pourrait s’inscrire dans la durée. Dans cette configuration, l’Iran chercherait avant tout à faire durer le conflit et à augmenter le coût politique et économique de la victoire pour ses adversaires.
Cependant, l’impact économique direct sur les économies occidentales pourrait rester limité. Contrairement aux années 1970, les économies développées sont aujourd’hui majoritairement orientées vers les services. Pour provoquer un choc comparable aux crises pétrolières historiques, le prix du pétrole devrait atteindre des niveaux bien plus élevés.
Cela ne signifie pas que le risque inflationniste est nul, mais plutôt que les effets macroéconomiques pourraient être moins violents que ce que suggèrent les réactions émotionnelles du marché.
Conflit au Moyen-Orient : des marchés qui réagissent… mais sans panique
Les réactions observées sur les marchés financiers montrent une situation contrastée. Avant l’escalade des tensions, les investisseurs manifestaient un certain désintérêt pour les actions américaines, privilégiant plutôt les marchés émergents ou certaines zones comme l’Europe et le Japon.
Avec le déclenchement du conflit et de la guerre en Iran, la réaction a été relativement logique : les marchés les plus proches géographiquement ou les plus dépendants de l’énergie ont davantage souffert. Les marchés européens et émergents ont ainsi été plus affectés que les États-Unis.
Dans le même temps, certains indicateurs montrent une résilience notable du marché américain, notamment lorsque l’on observe le S&P 500 équipondéré plutôt que sa version pondérée par capitalisation.
Autre élément rassurant : le marché du crédit, souvent considéré comme un indicateur avancé de stress financier, est resté relativement stable. Les spreads du high yield n’ont pas montré de signes de panique, ce qui suggère que les investisseurs institutionnels ne redoutent pas une crise systémique.
Matières premières et devises : des signaux parfois contre-intuitifs
Les matières premières ont évidemment réagi à la situation géopolitique. Le pétrole a progressé, mais certains indicateurs importants invitent à relativiser les risques. Le spread entre le Brent et le WTI — souvent interprété comme un baromètre des tensions dans le détroit d’Ormuz — s’est même contracté, suggérant que la fermeture de cette route maritime stratégique n’est pas le scénario privilégié par les marchés.
Plus surprenant, l’or n’a pas joué pleinement son rôle de valeur refuge. Malgré les tensions, son prix a reculé, ce qui renforce l’idée que le métal précieux fonctionne souvent davantage comme un actif spéculatif que comme une protection systématique.
En revanche, certaines devises ont rempli leur rôle traditionnel de refuge. Le dollar américain et le yen se sont appréciés, ce qui justifie une diversification en devises dans les portefeuilles.
Des taux d’intérêt qui envoient un signal important
L’un des mouvements les plus inattendus lié au conflit au moyen-orient concerne la remontée des taux d’intérêt à long terme. Les rendements des obligations souveraines ont progressé, reflétant des craintes inflationnistes liées à la hausse potentielle des prix de l’énergie.
Pour Régis Yancovici, cette tension sur les taux pourrait néanmoins ouvrir des opportunités. Il estime notamment que le marché sous-estime le potentiel déflationniste de l’intelligence artificielle, qui pourrait exercer une pression baissière sur les prix à moyen terme.
Dans ce scénario, la hausse actuelle des taux pourrait créer des points d’entrée intéressants sur certaines obligations.
Comment réagir en tant qu’investisseur ?
Face à une crise géopolitique, la tentation est souvent d’agir rapidement. Pourtant, l’expérience montre que les décisions prises sous le coup de l’émotion sont rarement les plus efficaces.
La stratégie dépend en grande partie du profil de l’investisseur.
Les investisseurs de long terme, peu actifs, ont généralement intérêt à rester investis et à éviter les ajustements précipités.
Les investisseurs plus actifs peuvent chercher des opportunités tactiques, mais celles-ci restent limitées tant que le consensus de marché n’est pas clairement excessif. À ce stade, les marchés n’ont pas atteint un niveau de pessimisme suffisant pour justifier une stratégie généralisée d’achat des creux.
Des opportunités ciblées malgré tout
Même dans un environnement incertain, certaines zones ou certains secteurs peuvent présenter des opportunités.
Les marchés d’Amérique latine, par exemple, pourraient offrir des points d’entrée intéressants. Le marché brésilien a fortement reculé récemment, tandis que les taux obligataires élevés et la dynamique de la devise peuvent créer un contexte favorable pour certains investisseurs.
Autre secteur à surveiller : la cybersécurité. Les craintes liées à l’intelligence artificielle ont pesé sur les valeurs technologiques spécialisées dans les logiciels. Pourtant, dans un contexte géopolitique marqué par les risques de cyberattaques, ce segment pourrait retrouver de l’intérêt.
Conclusion : rester lucide face au bruit du marché
Les crises géopolitiques génèrent souvent un bruit médiatique intense, mais leur impact durable sur les marchés est rarement aussi simple qu’il n’y paraît.
L’essentiel pour un investisseur est de rester discipliné, de comprendre le positionnement du consensus et d’analyser les signaux réels envoyés par les marchés.
Dans ce contexte, la tension actuelle sur les taux, certaines zones géographiques délaissées et des secteurs spécifiques pourraient offrir des opportunités. Mais la priorité reste de ne pas confondre réaction émotionnelle et stratégie d’investissement.
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