Début 2026, les ETF confirment une chose : ils ne sont plus un simple outil parmi d’autres, mais un pilier central de l’investissement mondial. À l’occasion du premier Focus ETF de l’année dans Good Morning Markets, Régis Yancovici, fondateur de Luxavie, revient sur une année 2025 record et partage ses clés de lecture pour aborder 2026 avec discernement.

2025 : une année historique pour les ETF

Contrairement à l’idée reçue selon laquelle « tout aurait déjà été créé », l’année 2025 a été marquée par une dynamique exceptionnelle d’innovation. Plus de 2 200 nouveaux ETF ont vu le jour dans le monde, tandis qu’environ 600 ont disparu – un phénomène normal pour des produits parfois très spécialisés ou de niche.

Les chiffres donnent le vertige : 20 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion sont désormais investis en ETF à l’échelle mondiale. Rapporté aux fonds ouverts (environ 80 000 milliards), cela signifie qu’un dollar sur quatre est aujourd’hui investi via un ETF. En nombre, on compte désormais près de 14 000 ETF cotés, contre seulement 1 200 en 2007. Une croissance exponentielle qui illustre l’adoption massive de ces véhicules par les investisseurs.

Performances : des tendances plus équilibrées

En matière de performances, 2025 se distingue par un changement de dynamique. Pour une fois, ce ne sont pas les thématiques liées à l’intelligence artificielle qui dominent, mais les métaux précieux, qui signent les meilleures performances de l’année.

Régis Yancovici cite notamment un chiffre spectaculaire : un ETF à levier sur l’argent a progressé de 360 % sur l’année 2025. Un exemple volontairement marquant, qui rappelle toutefois que les ETF à levier fonctionnent sur une base quotidienne et s’adressent à des investisseurs avertis, capables d’en comprendre les mécanismes et les risques.

À l’autre extrémité du spectre, les déceptions ont été plus limitées que par le passé. Certains marchés émergents comme la Turquie, l’Inde ou l’Indonésie affichent des performances comprises entre –9 % et –10 %, loin des décrochages de –20 % à –25 % observés les années précédentes. Cette évolution traduit une diffusion plus équilibrée de la hausse, et un marché globalement plus mature.

Les ETF actifs : un tournant structurel

L’un des faits marquants de 2025 réside dans l’essor des ETF à gestion active. Encore marginaux il y a quelques années, ils représentent désormais près d’un tiers des flux collectés. Aux États-Unis, ce segment existe depuis trois à quatre ans ; en Europe, il est en pleine phase d’accélération.

Parmi eux, les ETF à résultat défini rencontrent un succès croissant. Les mouvements récents du marché, comme le rachat d’Innovator par Goldman Sachs ou les projets de lancement de grandes sociétés de gestion européennes, confirment que cette tendance est loin d’être anecdotique. Elle pourrait même devenir l’un des principaux moteurs de croissance des ETF en 2026 et au-delà.

2026 : une question de choix et de responsabilité

Se projeter sur 2026, ce n’est pas tenter de prédire le marché, mais se poser les bonnes questions. La principale, selon Régis Yancovici, est simple en apparence : à qui confier l’allocation de son portefeuille ?

Faut-il tout piloter soi-même via des ETF indiciels, ou déléguer une partie des décisions à des gérants au sein d’ETF actifs ? Il n’existe pas de réponse universelle : chaque investisseur doit trouver l’équilibre qui lui correspond.

Une autre réflexion clé concerne l’usage même des ETF. Sont-ils destinés à une stratégie buy and hold, répliquant sur le long terme de grands indices actions ou obligataires ? Ou bien doivent-ils être vus comme des outils d’accès à des marchés spécifiques, parfois lointains ou difficiles d’accès autrement – comme certains pays, secteurs ou thématiques très ciblées ?

ETF : un outil, plusieurs stratégies

Ce qui ressort de cette analyse, c’est que l’ETF n’est plus un produit uniforme. Il est devenu un véhicule modulable, capable de répondre à des objectifs très différents : simplicité, diversification, exposition thématique, ou encore gestion plus active du risque.

En 2026, la clé ne sera donc pas seulement de choisir « le bon ETF », mais surtout de l’intégrer intelligemment dans une stratégie globale, cohérente avec son horizon de placement, son appétence au risque et son niveau d’implication.

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